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jeudi 5 février 2015




Plusieurs journaux numériques ont publié, le jeudi 11 décembre dernier, un article intitulé « François Hollande va améliorer la scolarisation des élèves handicapés ». Cette intention louable ne doit cependant pas faire oublier que, malgré les engagements pris par Benoît Hamon, alors ministre de l'Éducation nationale, en août 2014, les personnels chargés d'aider à l'intégration des élèves en situation de handicap en milieu scolaire ordinaire (AVS et AESH) restent à ce jour condamnés à une double peine.

À la rentrée de septembre 2014, la précarité contractuelle reste la règle avec une immense majorité de contrats renouvelés à l'année, de temps partiels imposés, mais aussi des baisses des quotités horaires sans information ni accord des salariées. Aux AESH et AVS indignées d'un tel traitement, il leur est rétorqué : « Estimez-vous heureux que votre contrat soit renouvelé ». Les CDI concernent une infime minorité dont une poignée d’entre eux à temps plein.  

À cette précarité contractuelle s'ajoute celle salariale qui touche l'ensemble des AESH. Des salaires, calculés sur la base d'un SMIC, amputés de 10 à 20% de leur  montant, un remboursement partiel des frais de transport, des paies et bulletins de paie trop souvent virées ou envoyés avec retard dans une période particulièrement chargée en frais et impôts. En dépit de conséquences graves sur nos vies personnelles, nous nous sommes heurté.e.s au silence, au mépris et à l'inertie des services concernés. Tout ces faits sont inadmissibles.

Compte tenu de l'ampleur des retards et du nombre d'erreurs dans les montants, il ne peut s'agir d'un simple dysfonctionnement dans leur procédure ou d'un enchaînement malencontreux de tâches mal maîtrisées. La mauvaise volonté affichée, les promesses non tenues, la lenteur des services nous incitent à penser que les AVS et AESH sont, comme tous les autres précaires, traités comme les soutiers de l’Éducation Nationale, subissant de plein fouet aussi bien le mépris de l'institution que les conséquences des restrictions de moyens humains et financiers du service public. Ces mauvais  traitements,  honteux  pour ceux qui  les ordonnent, les appliquent et les cautionnent sont inacceptables. À ce jour, le ministère qui doit encore de l'argent aux AESH et AVS n'a pas fourni d'explications ni présenté d'excuses.  

Les annonces relatives à la pérennisation de la fonction d'AESH et à l'organisation d'une formation adaptée demeurent à ce jour des engagements non tenus. La précarité persistante aggrave la paupérisation de 65 300 femmes et hommes qui exercent pourtant un travail essentiel et exigeant. Lassés du  mépris, découragés par une absence de perspectives professionnelles pour ce qui reste, malgré son importance, un job d'appoint mal payé obligeant à cumuler d'autres « petits boulots », certains s'apprêtent à quitter leur fonction. D'autres ont décidé de se battre pour faire respecter leurs droits et pour que soit enfin reconnu et valorisé un métier indispensable.  

L'amélioration de la scolarisation des élèves en situation de handicap ne se résume pas à la vision purement comptable d'un nombre croissant d'élèves accueillis dans des écoles ordinaires. Elle exige l'arrêt immédiat de la précarité imposée aux personnels AESH, la création d'un vrai statut avec un salaire et  une formation dignes.

Nous serons donc en grève le jeudi 12 février 2015, et invitons tous les parents d’élèves  à marquer leur solidarité avec notre lutte et à nous rejoindre à 13h30 au métro Sèvre-Babylone pour une manifestation vers le ministère de l’Education Nationale.

Le Collectif AVS 75-92

contact : Marie, tél : 06 62 06 57 81 - collectif.avs.media@gmail.com
blog : http://collectifavs75.blogspot.fr/ - facebook : collectif-avs-75

lundi 2 février 2015

Communiqué de presse des collectifs du 75 et du 92


Collectif AVS 75 - Collectif AVS 92


Communiqué de presse

Maltraitance institutionnelle : Grève et manifestation des AVS et AESH, le 12 février 2015

Nous, Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS) et Accompagnant.e.s d’Elèves en Situation de Handicap (AESH) de la région parisienne, appelons à la grève le 12 février prochain. Nous dénonçons la situation de précarité inacceptable que nous subissons au sein de l’éducation nationale. Situation qui reflète les limites des politiques d’intégration scolaire des enfants en situation de handicap.

Précarité contractuelle : les temps partiels sont la règle, 60% des contrats de travail sont signés en CUI (Contrait Unique d’Insertion), limités à 24 mois, sans perspective professionnelle ultérieure. Les autres sont en CDD pour un an, sans garantie de renouvellement. Il faut attendre 6 à 8 ans pour espérer signer un CDI, situation qui est celle de seulement 4% des AVS parisiens. 

Précarité salariale : Même en CDI, notre rémunération, dans la grande majorité des cas, est inférieure au seuil de pauvreté.

Précarité professionnelle : non ou mal formé.e.s, nous sommes souvent marginalisé.e.s et déconsidéré.e.s au sein des équipes éducatives, certain.e.s d’entre nous subissent des pressions ou des harcèlements. Une situation qui ne peut que contribuer à rendre plus difficile l’accompagnement des élèves qui nous sont confié.e.s.
A cela s’ajoutent les dysfonctionnements de l’administration dans la gestion des cas individuels : retards à la signature des contrats, retards considérables de paiement, emplois du temps parfois ubuesques, partagés entre plusieurs établissements.

Nous revendiquons : Un salaire décent. L’accès à une formation adaptée, rémunérée, reconnue et qualifiante, correspondant à un diplôme de niveau 4. La création d’un statut réel et reconnu. La titularisation, pour ceux qui le souhaitent, des agents en place sans condition de concours ni de nationalité.

Nous en appelons au soutien des enseignant.e.s, des parents d’élèves, ainsi que des associations militant dans le champ du handicap. Comment croire qu’un réel progrès de la prise en compte des situations de handicap peut se fonder sur une telle marginalisation des personnels ?

Notre situation est un exemple parmi d’autres de la précarisation qui traverse l’ensemble de la société, à laquelle la fonction publique contribue allègrement. Nos revendications s’inscrivent donc dans la perspective d’une lutte plus large en faveur des droits des travailleurs précaires.

Les rendez-vous de la journée d’action du 12 février :

8h30              Rendez vous à la Bourse du Travail pour une tournée des établissements scolaires.

13h30            Manifestation en direction du ministère de l’éducation nationale, au départ de la station Sèvres-Babylone

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/5/53/Logo_Conf%C3%A9d%C3%A9ration_nationale_du_travail.jpg17h30            Rassemblement à la bourse du Travail pour une assemblée générale, ouverte à tous les AVS, AESH et personnels de l’éducation nationale qui souhaitent se mobiliser.

http://sud-arl.org/docrestreint.api/476/a0537fabd0abd2f0d83a33bb9fcce74db8029c68/jpg/97.jpgCette journée de grève est à l’appel des collectifs AVS 75 et 92.
Elle est soutenue par les syndicats SUD Education Paris et CNT Syndicat des Travailleurs de l'Education - 75.